Croisière en Finn sur la Saône

Le Finn nous a donné notre seule médaille aux JO de Londres 2012. Il peut aussi procurer de jolies joies en… croisière.
Fluviale, qui plus est. Démonstration bucolique le long de 50 milles de Saône

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un hors-bord de 2 chevaux sur le tableau arrière, des bidons étanches, deux ancres et un grappin dans le cockpit, une bande de ris dans la grand-voile… Pas de doute, mon Finn Lanaverre des années 60 n’est pas très orthodoxe. Et en tout cas très éloigné de l’engin high-tech et affûté de Jonathan Lobert, médaille de bronze aux JO de Londres cet été.

Mais c’est ainsi : six ans après ma première croisière fluviale sur la Saône, je vais remettre ça à bord de mon dériveur de 4,50 mètres – je n’en avais gardé que de beaux souvenirs. J’avais dans un premier temps envisagé de partir de Saint-Jean-de Lone, ce qui aurait représenté environ 200 kilomètres de descente – mais la météo, en ce début juillet 2012, est vraiment trop instable. Tant pis, je vais devoir me contenter de 100 kilomètres sur la Saône entre Tournus et Saint-Germain-au-Mont-d’Or.

 

Un Finn sur la SaôneInhabituelle vision que ce Finn Lanaverre posé sur la Saône avec son équipement de croisière fluviale et son petit hors-bord de 2 chevaux…Photo @ Francis BlinLe dimanche matin, ma femme et moi arrivons donc en voiture à Tournus, à 100 kilomètres au Nord de Lyon, tractant le Finn sur sa remorque – Marie-Pierre ramènera ensuite à Lyon voiture et remorque.

Après un dernier avitaillement en ville, nous mettons le bateau à l’eau et je commence le chargement : un bidon étanche de 60 litres contenant vêtements et sac de couchage, deux autres petits bidons avec nourriture, réchaud, vaisselle… Puis vient le tour du matériel destiné au bateau : deux ancres, un grappin, deux aussières, un petit moteur de 2 chevaux pour passer les écluses, des défenses, un support de bôme et une bâche afin de pouvoir «cabaner» pour la nuit.

Je hisse ensuite la grand-voile de 10 mètres carrés sur laquelle j’ai cousu une bande de ris – et c’est l’appareillage, par un fort vent du Sud, justement, et de méchantes rafales. Peu après, le vent se calme et passe au Nord. Pas évident de tirer des bords courts, même si les méandres me permettent de bénéficier de belles adonnantes.

 

e hisse ensuite la grand-voile de 10 mètres carrés sur laquelle j’ai cousu une bande de ris – et c’est l’appareillage, par un fort vent du Sud, justement, et de méchantes rafales. Peu après, le vent se calme et passe au Nord. Pas évident de tirer des bords courts, même si les méandres me permettent de bénéficier de belles adonnantes.

Premiers bords en eau douceAyant déjà navigué sur la Saône en 2006, Francis n’avait qu’une envie : recommencer. Même si le vent n’est pas toujours favorable.Photo @ Marie-Pierre Blin

 
 
 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Arrêt pique-nique et arrivée dans la halte fluviale de Mâcon vers 19 heures, soit une première étape de 29 kilomètres – en fluvial, le mille n’est guère utilisé. Après le dîner, je me couche dans le cockpit, côté tribord, les pieds vers l’avant. Pour me permettre de dormir à peu près confortablement, j’ai rallongé le plancher à hauteur du puits de dérive et remonté la barre d’écoute.

Je suis heureux de refaire cette balade. Depuis 2006, j’avais la nostalgie de cette descente de la Saône, avec ses jolis paysages, ses prés qui descendent en pente douce vers l’eau, ces arbres qui rythment le voyage, l’ancien chemin de halage encore visible sur la rive gauche. Et puis, ce calme, cette impression d’être seul au monde.

Le matériel embarqué dans mon FinnBidons étanches, ancres et mouillages, vivres et eau, sac de couchage sur tribord : tout pour vivre quelques jours en autarcie au creux d’un dériveur de 4,50 mètres !Photo @ Francis BlinDe temps à autre, quelques voiliers démâtés et vedettes battant pavillon belge, allemand, suédois ou danois, passent lentement – les Français sont plus rares. Parfois aussi défilent quelques péniches et les grosses unités de touristes Mistral etRosa : avec ses 480 kilomètres, la Saône, qui prend sa source dans les Vosges et se jette dans le Rhône à Lyon, mérite bien son qualificatif de «plus grande rivière de France».

Réveil dès l’aube à Mâcon, puis appareillage au moteur pour sortir de la halte fluviale et rejoindre la rivière. Je n’ose pas passer sous le vieux pont à arches de Saint-Laurent, car je ne suis pas sur du tirant d’air – il me faut au minimum 6,70 mètres.

 

 

 

Le vent se lève et je hisse la voile, escale à Saint-Romain-des-Iles pour déjeuner et c’est reparti ! Bientôt, je vois s’approcher l’écluse de Dracé – là, c’est du sérieux ! J’affale la GV, installe les défenses, prépare deux aussières, enfile mon gilet de sauvetage et entre au moteur dans l’écluse, derrière le grand navire Mistral.

Mon Finn prêt pour la nuitUn support de bôme, une bâche, et voilà mon Finn transformé en abri pour la nuit.Photo @ Francis BlinLe soir-même, j’arrive au Nord de l’île de Montmerle – un paysage paradisiaque, avec une petite plage de gazon qui se termine par du sable où j’échoue le Finn. Dommage que l’autoroute soit si près. Mais le lendemain tôt, ce sont les corbeaux qui me servent de réveil-matin !

Appareillage, arrêt à la halte fluviale de Montmerle pour faire de l’eau et journée de voile non-stop pour profiter du peu de vent. La traversée de Villefranche se révèle bruyante avec ses chantiers, ses sablières, et il y a même une sorte de radio-crochet au camping.

Après un petit peu de moteur, arrivée derrière l’île de Trévoux, dans un bras mort silencieux, à l’abri du vent et des vagues. Mais rien n’est parfait : toute la nuit, je suis contraint d’écouter un concert de grenouilles et crapauds !

Je repars au matin pour arriver en début d’après midi à la halte fluviale de Saint-Germain-au-Mont-d’Or. Marie-Pierre vient me chercher. Fin de cette épopée en Finn qui m’a coupé du monde pendant quatre jours et 90 kilomètres.
 

Finn………..
Le Finn à la loupe

Longueur : 4,50 m.
Largeur : 1,50 m.
Poids : 107 kg.
GV : 10,20 m2.
Architecte : Richard Sarby.
Lancement : 1949.
Date d’entrée aux Jeux Olympiques : 1952.

Jonathan Lobert en FinnLe Finn tel qu’en lui-même – physique, puissant, exigeant, magnifique –, mené par notre (seul) médaillé aux JO de Londres, cet été, Jonathan Lobert.Photo @ Jean-Marie Liot (FFVoile)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F.B.